How were the Incas able to build Sacsayhuamán?

Sites archéologiques à Cusco, un voyage à travers l’histoire

La vibrante ville de Cusco est un trésor d’histoire, dont les rues pavées vieilles de plusieurs siècles et l’impressionnante architecture offrent une fenêtre sur un passé fascinant. Mais le charme de Cusco s’étend bien au-delà de ses rues pittoresques. La ville abrite également une variété de sites archéologiques captivants qui transportent les visiteurs dans un voyage à travers le temps.

Dans cet article, nous explorerons certains des sites archéologiques les plus importants et les plus impressionnants de Cusco et de ses environs, en approfondissant leur riche histoire et leur signification culturelle. En entreprenant cette aventure, nous vous invitons à parcourir l’histoire et à percer les mystères d’une civilisation autrefois grandiose qui continue de fasciner le monde jusqu’à aujourd’hui.

SACSAYHUAMAN

Sacsayhuaman (du quechua saqsay = être rassasié, et waman = faucon, signifiant « faucon rassasié ») est une « forteresse cérémonielle » inca située à deux kilomètres au nord de la ville de Cusco.

Sa construction commença sous le règne de Pachacútec au XVe siècle, mais c’est Huayna Cápac qui y apporta la touche finale au XVIe siècle. Depuis la forteresse, on peut admirer une vue panoramique unique sur les environs, y compris la ville de Cusco depuis le belvédère de Cruz Moqo.

Emplacement

La « forteresse cérémonielle » de Sacsayhuaman se trouve à 2 km de Cusco, capitale de l’ancien Empire inca. Elle est située à une altitude de 3 700 mètres au-dessus du niveau de la mer et s’étend sur 3 093 hectares. La vallée est entourée par les montagnes Ausangate, Pachatusán et Cinca, et est traversée par la rivière Tullumayo. Cette région offre un paysage d’une grande beauté, une flore et une faune abondantes, parmi lesquelles se distinguent les lamas et les faucons.

Histoire

La construction de Sacsayhuaman, selon les informations issues de sources ethnohistoriques, aurait commencé sous le règne de l’Inca Pachacútec, puis se poursuivit sous le gouvernement de Túpac Yupanqui avant de s’achever sous Huayna Cápac.

Au cours de ces trois générations, selon l’Inca Garcilaso de la Vega, quatre illustres bâtisseurs dirigèrent successivement les travaux. Du plus ancien au plus récent, ces personnages étaient : Apu Huallpa Rimachi, Inca Maricanchi, Acahauna Inca et Callacunchuy.

Ces architectes sont responsables de la conception de Sacsayhuaman qui, selon de nombreux chroniqueurs, en plus de sa fonction cérémonielle et militaire, représentait également une tête qui, associée au complexe urbain de Cusco, formait la figure d’un puma.

Architecture

La construction en elle-même est particulière, car certaines des pierres qui s’y trouvent sont gigantesques, ce qui amène à se demander comment elles ont pu être transportées.

Les pierres furent assemblées avec une précision presque inimaginable. Il est difficile, pour les Occidentaux, de comprendre comment les Incas ont pu tailler les pierres avec une telle maîtrise qu’il est impossible de glisser la lame d’un couteau entre deux blocs. Le complexe comprend également une sorte de grands toboggans de pierre sur lesquels les visiteurs peuvent glisser. Dans ces formations, on remarque la douceur veloutée de la pierre.

On y trouve des figures sculptées sur les pierres et les rochers, des entrées vers des tunnels souterrains ou des chicanes, des amphithéâtres, des constructions rituelles, probablement liées au culte de l’eau. Ce site jouait un rôle important dans les activités rituelles incas.

L’esplanade de Saqsayhuaman. Sites archéologiques à Cusco
Esplanade de Saqsayhuaman face à la zone des trois « bastions ».

On pense qu’il s’agissait d’une forteresse militaire où les guerriers étaient entraînés. Toutefois, des doutes subsistent, car son architecture laisse penser qu’elle aurait pu avoir une vocation religieuse et avoir été construite comme un grand temple dédié au dieu Soleil. Néanmoins, à l’époque de la conquête, elle démontra son efficacité en tant que forteresse défendant la ville. Sa principale caractéristique réside dans sa construction à partir d’énormes blocs de pierre, dont le plus haut atteint 9 m.

On affirme que sa construction dura environ 50 ans, débutant durant la période de l’Inca Túpac Yupanqui. Elle aurait été édifiée par 20 000 hommes. À l’intérieur de la forteresse se trouvaient de vastes entrepôts de vivres et d’armes, ainsi que des canaux pour la distribution de l’eau. Le trône de l’Inca, situé près de la forteresse, était constitué d’un immense rocher taillé et poli sur plusieurs niveaux, d’où le souverain présidait les fêtes, les célébrations, les défilés et donnait ses ordres.

Aujourd’hui, il subsiste les vestiges des trois murs en gradins construits en calcaire sédimentaire de formation fossilifère. Sacsayhuaman est divisé en différents secteurs : Sacsayhuaman, Rodadero, Trône de l’Inca, Warmi K’ajchana, Bain de l’Inca, Amphithéâtres, Chincana, Bases des Tours, entre autres.

Inti Raymi

À Sacsayhuaman, le 24 juin, lors du solstice d’hiver, la fête de l’Inti Raymi est célébrée chaque année, recréant le rituel inca d’adoration du dieu Soleil, ou Inti. Les habitants se rassemblent vêtus de costumes colorés et exécutent des danses traditionnelles, perpétuant ainsi les coutumes de leurs ancêtres. Des visiteurs venus du monde entier assistent à cette fête et réservent leurs places longtemps à l’avance.

Q’ENQO

À 4 à 6 km (5 min au nord-est de Cusco) par une route asphaltée se trouvent les sites archéologiques de Q’enqo. Il existe deux sites : le Grand, situé au pied de la route reliant Sacsayhuaman à Pisac ; et le Petit, situé à 350 mètres à l’ouest du précédent, sur le flanc de la colline.

Ce sanctuaire est situé sur ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de Cerro Socorro et couvre une superficie de plus de 3 500 mètres carrés.

Q’enqo Grande (Le Grand)

L’amphithéâtre

À l’époque inca, cet endroit servait de temple pour les cérémonies publiques. Il s’agit d’une immense enceinte semi-circulaire de 55 mètres de long, avec 19 niches inachevées réparties le long du mur.

Certaines publications affirment que les niches étaient disposées autour de l’amphithéâtre comme des sièges pour les entités vénérées, mais selon des recherches récentes, il est très probable qu’elles constituaient en réalité les bases d’un grand mur. Face à l’espace ouvert se dresse un immense bloc de pierre de 6 mètres de haut reposant sur un solide piédestal rectangulaire. Il est possible qu’il s’agisse d’une gigantesque sculpture à modelé zoomorphe.

Le manque de précision s’explique par les traces de destruction laissées par les extirpateurs d’idolâtrie (personnes chargées d’éliminer les symboles du culte local) durant l’époque coloniale. Le site comprend également un affleurement rocheux orné d’un passage menant à une chambre souterraine, un complexe de terrasses, des pièces et un système de drainage permettant d’évacuer l’eau.

L’amphithéâtre de Qenqo se trouve juste à côté de l’entrée du complexe archéologique.

Intihuatana et Observatoire astronomique

Sur la roche vive, aplanie et polie, émergent deux courts cylindres. Il est probable qu’il s’agissait d’un intihuatana, qui se traduit par « lieu où l’on attache le soleil », c’est-à-dire un dispositif permettant de calculer la position du soleil. On ignore encore comment fonctionnait cet instrument, qui demeure aujourd’hui une énigme. On suppose toutefois qu’il s’agissait d’un observatoire astronomique servant à mesurer le temps, à déterminer les saisons, les solstices et les équinoxes. En tant que sanctuaire, c’était également un lieu de culte dédié au Soleil, à la Lune, à Vénus et aux étoiles.

Cusilluchayoc

Il s’agit d’un nom quechua signifiant « temple ou lieu des singes ». Il est situé à 500 mètres directement à l’est de Qenqo Grande. On y trouve une pierre sculptée de près de deux mètres de haut que certains considèrent comme ressemblant à un crapaud. Sur cette roche sont encore visibles des reliefs représentant des serpents et des singes, qui pourraient être à l’origine du nom du lieu.

La chambre souterraine

Les sculptures rupestres réalisées ici constituent un véritable exploit. Sols, plafonds, murs, tables et niches ont été soigneusement taillés dans la roche vive. Il s’agissait sans aucun doute d’un lieu de culte destiné à des rituels secrets et cachés. Les bâtisseurs complétèrent son aménagement par des pièces de service tout autour du périmètre. Le site dispose également de terrasses et de canaux destinés au drainage des eaux de pluie.

La pierre sculptée

Derrière cette pierre s’élève un promontoire rocheux où un escalier taillé dans la roche mène au sommet. C’est là que prend naissance le petit canal en zigzag qui, partant d’un orifice plus petit, descend puis se divise en deux branches : l’une suit la pente, tandis que l’autre rejoint la chambre souterraine située dans l’affleurement rocheux. Il aurait pu servir à acheminer la chicha (boisson de maïs) offerte lors des cérémonies, ou le sang des sacrifices de lamas effectués dans le cadre d’un rituel encore inexpliqué. Au sommet se trouvent également des vestiges sculptés de ce qui aurait pu représenter un condor, dont la tête a été brisée, ainsi que celle d’un puma. On y trouve aussi les restes d’une pièce.

Plusieurs sculptures sont visibles au sommet de la structure du complexe.
Plusieurs sculptures se trouvent au sommet de la structure du complexe.

Le canal en zigzag

Il est situé très près de l’intihuatana. L’historien cusquénien Víctor Ángeles le décrit ainsi : « à partir d’un petit orifice, il progresse sur un plan incliné selon un tracé brisé, puis se divise ; l’une des branches conduit le liquide mis en mouvement jusqu’à la Chambre Souterraine ou Salle des Sacrifices ». Ce liquide aurait pu être le sang des êtres sacrifiés (animaux et/ou humains) aux dieux.

La chambre funéraire

Le mystère du culte andin constitue l’un des principaux attraits de la culture inca. Quant à la supposée « Salle des Sacrifices », les interrogations demeurent sans réponse. Il s’agit d’une chambre souterraine entièrement creusée dans un gigantesque rocher. Dans la partie inférieure de ce vaste affleurement rocheux, le sol, le plafond, les murs, les tables, les armoires et les cavités ont été sculptés dans la pierre. On dit que cette chambre souterraine aurait pu servir à embaumer les nobles, mais il est également possible que des sacrifices humains et animaux y aient été pratiqués.

Qenqo Chico (Le Petit)

Le site de Qenqo Chico, beaucoup plus détruit que Qenqo Grande, présente les vestiges de hauts murs, d’un plan circulaire et du même travail minutieux de taille de la roche.

La fonction de la chambre souterraine de Qenqo demeure inexpliquée jusqu’à aujourd’hui.
L’usage de la chambre souterraine de Qenqo reste inexplicable jusqu’à aujourd’hui.

PUCA PUCARA

Puca Pucara est un complexe archéologique situé sur la route de Tambomachay et fait partie des circuits touristiques de Cusco. Ses fonctions et la raison de sa construction restent inconnues des archéologues. Cependant, selon la tradition, lorsque l’Inca se rendait aux bains de Tambomachay, l’imposante procession de soldats, de danseurs et d’autres accompagnateurs séjournait à Puca Pucara, qui servait de caserne et de tambo (hébergement collectif doté de provisions alimentaires).

Architecture Les bâtisseurs élevèrent trois murs au tracé irrégulier qui créent trois niveaux dans le site. Le premier mur suit un tracé sinueux qui évite soigneusement de couper les rochers saillants. Au nord, derrière le mur extérieur, se trouvent six pièces de tailles différentes, disposées de manière irrégulière afin de ne pas toucher les pierres qui composent le mur. À l’ouest, une place haute de forme trapézoïdale est accessible par un escalier extérieur. Cette place était entourée de bâtiments sur deux de ses côtés. Les neuf pièces régulièrement disposées dans cet espace ouvert ne semblent pas appartenir à une zone fortifiée. Un deuxième mur entoure l’élévation centrale. Entre celui-ci et le premier mur s’étendent de vastes terrasses vers le sud et l’est. Derrière le deuxième mur se trouvent trois pièces atypiques pour l’architecture inca, car deux d’entre elles ne sont pas rectangulaires mais trapézoïdales. Le troisième mur entoure le sommet, où il ne subsiste plus de traces des constructions.

Emplacement Puca Pucara est situé sur le côté est de la route, à un kilomètre avant d’arriver à Tambomachay. Le site occupe un autre des affleurements rocheux caractéristiques qui émergent sur le plateau de Sacsayhuaman. Le groupe archéologique de Pucapucara est situé le long de la route asphaltée menant à Pisac, à 7 km de la ville de Cusco, à une altitude de 3 680 m d’altitude.

Étymologie
Le mot provient des termes quechuas puca, « rouge », et pucara, « forteresse ou lieu défendu ». En effet, les pierres du site sont rougeâtres, ce qui explique son nom, mais le site ne semble pas avoir été une forteresse.

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